QUEL AVENIR POUR LE DIAGNOSTIC IMMOBILIER

Le diagnostic immobilier est au cœur de toutes les transactions : vente, location, rénovation énergétique. Il est indispensable, obligatoire et son rôle ne cesse de croître, notamment pour sécuriser les projets et informer de manière fiable les acquéreurs, locataires et artisans.

C’est pourtant un métier jeune, qui a beaucoup évolué ces dernières années, en particulier depuis la loi Climat et Résilience, qui a propulsé le DPE (diagnostic de performance énergétique) et l’audit énergétique au rang d’outils stratégiques pour la transition écologique.

Mais derrière cette utilité indiscutable, la profession traverse une période complexe, entre exigences accrues, pression économique et image parfois fragilisée.

1. Une pression permanente, de tous les côtés

Dans l’immobilier, chaque jour compte. Pour un diagnostiqueur, c’est une course permanente entre exigences clients et cadre réglementaire strict.

Côté clients, le tempo est clair :

  • Rendez-vous en urgence pour que l’annonce parte le jour même

  • Rapport livré “pour hier”

  • Résultats “à revoir” parce qu’ils freinent une vente ou une location

Les demandes peuvent aller jusqu’à minimiser certaines vérifications, ou à contester les conclusions quand elles ne vont pas dans le sens espéré.

Côté réglementation, pas de place pour l’improvisation :

  • Méthodes de calcul et protocoles définis par le Code de la construction et de l’habitation et le Code de la santé publique

  • Formations, certifications et audits obligatoires, à renouveler régulièrement

  • Mises à jour réglementaires fréquentes, nécessitant une veille constante

À cela s’ajoute un autre facteur qui inquiète toute la filière : les assureurs se retirent les uns après les autres du marché, considérant la profession comme à risque. Résultat : la concurrence entre assureurs se réduit, les contrats deviennent plus restrictifs… et les primes s’envolent.

Pris entre l’urgence commerciale et l’exigence réglementaire, le diagnostiqueur doit jongler en permanence, tout en engageant sa responsabilité juridique sur chaque mot de ses rapports. Un équilibre délicat… et de plus en plus difficile à tenir.

2. Un recrutement en crise

Trouver un bon diagnostiqueur immobilier est devenu un défi. La profession recrute, mais peine à attirer et à retenir les talents.

Pourquoi ? Parce que le métier cumule plusieurs freins :

  • Formation longue et coûteuse, avec plusieurs certifications à obtenir avant de pouvoir exercer

  • Maîtrise technique exigeante, qui ne s’acquiert vraiment qu’après des mois de terrain

  • Pression psychologique élevée, entre urgences clients, exigences réglementaires et responsabilité juridique

  • Image dégradée, minée par les clichés et les scandales isolés qui éclipsent le travail des professionnels sérieux

Résultat :

  • Les centres de formation se vident

  • Les vocations se raréfient

  • Des diagnostiqueurs expérimentés quittent la profession, usés par la charge mentale et les contraintes économiques

Les conséquences se font déjà sentir :

  • Les fédérations du secteur alertent sur une pénurie possible d’ici fin 2025

  • Les salaires augmentent fortement pour retenir les profils compétents, ce qui pèse encore plus sur la rentabilité des structures

Sans revalorisation du métier et communication positive sur son utilité réelle, le risque est clair : ne plus avoir assez de professionnels pour répondre aux obligations légales, ralentissant ventes, locations et travaux dans tout le pays.

3. Une rentabilité fragilisée

Si les prix des diagnostics immobiliers n’ont quasiment pas évolué depuis des années, les charges, elles, explosent :

  • Coût des certifications et formations obligatoires

  • Assurances professionnelles de plus en plus chères

  • Véhicules, carburant, stationnement (particulièrement onéreux à Paris, dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne)

  • Salaires plus élevés pour retenir les techniciens expérimentés

Par ailleurs, un diagnostic prend aujourd’hui plus de temps qu’avant :

  • Investigations minutieuses sur site

  • Collecte et analyse des justificatifs

  • Rédaction de rapports détaillés, parfois de plusieurs centaines de pages

  • Temps d’explication et de conseils aux clients

4. Une image à reconstruire

Malgré la rigueur d’une grande partie de la profession, des pratiques frauduleuses (environ 1,7 % des diagnostics selon le ministère) ont terni l’image du métier.

  • Aux yeux du public : le doute plane, renforcé par certains reportages sensationnalistes.

  • Aux yeux des pros de l’immobilier : les diagnostiqueurs sont parfois perçus comme des “empêcheurs de vendre” ou “d’alourdir les dossiers” à cause de constats défavorables.

  • Aux yeux des candidats : le métier semble exigeant, réglementé, et peu valorisé médiatiquement.

5. Un métier qui veut évoluer

Les diagnostiqueurs ne sont pas réfractaires aux évolutions législatives. La profession souhaite :

  • Être mieux formée et spécialisée

  • Disposer d’outils numériques modernes

  • Mieux sensibiliser sur l’utilité réelle des diagnostics

  • Jouer un rôle pédagogique auprès des particuliers et des professionnels

Mais ces ambitions nécessitent des moyens financiers, techniques et humains que la profession n’a pas toujours.

Conclusion : un métier sous tension, mais essentiel

Le diagnostic immobilier a un avenir, car il est indispensable à la sécurité des personnes, à la fiabilité des transactions et à la transition énergétique. Mais cet avenir est fragile. Sans revalorisation économique, modernisation des outils et soutien réel à la profession, les vocations continueront de disparaître. Le marché risque de se retrouver sans professionnels pour appliquer la loi.

À l’Agence Canopée, nous sommes convaincus que la clé est dans la transparence, la pédagogie et la rigueur. Oui, le métier traverse des turbulences, mais il évolue et se professionnalise chaque jour un peu plus.

Notre engagement : fournir des diagnostics immobiliers fiables, conformes et expliqués, que vous soyez propriétaire, bailleur, locataire, syndic ou professionnel de l’immobilier, à Paris, dans les Hauts-de-Seine (92), le Val-de-Marne (94) et en Île-de-France. Parce qu’un bon diagnostic, c’est plus qu’une obligation : c’est la base d’un projet immobilier réussi, mené en toute confiance.